Ordination
Le 22 novembre, l’ensemble du diocèse de Laï a eu la joie de fêter l’ordination de Basile, un jeune de Laï très sympa, qui s’engageait comme prêtre après 8 années d’étude et de réflexion… que ils
disent… ! :o)
C’était une grande fête où tout le monde était tiré à 4 épingles, ou tout avait été nettoyé, préparé par toute une équipe de la paroisse durant toute la semaine avant, avec des délégations d’invités de toutes les autres paroisses du diocèse, et même les grands professeurs du séminaire de N’Djamena !
La cérémonie a commencé à 8h30 pour finir à 12h30… Je vous dis pas comme c’est long… Surtout quand il s’agit d’écouter les discours de moral de prêtres pas du tout morals justement… Mais bon, j’me comprends !
Alors pour éviter l’ennui, l’endormissement public et le mal de fesse sur les bancs en ciment, je me suis improvisée photographe de la journée ! J’ai fait mon boulot à fond, parfois à moitié couchée sur la « scène » pour ne rater aucun bon moment, et je dois dire qu’au travers de cette mission, j’ai pu découvrir quelques dessous cachés de la fête… J’aime particulièrement les chaussettes style « Mondial 83» de l’ordonné et les fleurs en plastic dans les boites de petits pois…
B’jour Monsieur
Lors de mon retour en novembre, j’ai été approché par le tout nouveau et auguste « Directeur du Cabinet du Gouverneur de la Tandjilé »…. Aie, aie, aie… comme ils aiment les titres… Ce charmant
jeune et dynamique homme est donc venu trouver Mme la Responsable du Service Informatique du Diocèse de Laï (moi aussi je peux me la raconter !), pour organiser l’installation des appareils de
Monsieur le Gouverneur de la Tandjilé (je crois que ce n’est pas très loin en dessous des ministres) afin que celui-ci et son cabinet puisse travailler dans les meilleures conditions
possibles.
Le jour convenu, persuadée que les appareils seraient dans le coin d’un bureau sans importance, je me suis présentée chez Mr le Gouverneur en tenue… hum… normale quoi… J’ai du attendre à côté d’un garde armé qu’on m’invite à entrer dans le bureau du gouverneur… J’ai été bien surprise de voir que ce n’était qu’un immense salon avec des tonnes de fauteuils plus beaux les uns que les autres, et, assis comme un pape sur le plus gros et le plus beau au milieu… MOSSIEUR LE GOUVERNEUR !!! Ca m’a tellement surprise que je savais même plus comment fallait dire pour faire bien … Pour parer la panique, j’ai fait dans le naturel ! J’ai sorti un bon vieux « B’jour Monsieur » avec une sorte de petite inclinade de la tête pour faire style « ouais, ouais, j’sais qu’t’es un boss … ». Mr le Gouverneur n’a pas relevé, m’a dit bonjour, m’a demandé d’où je venais et dans quel cadre j’étais venue, ce que je faisais, et m’a gentiment renvoyé avec son « Directeur de Cabinet » pour bosser !
Tout à coup, la délégation sanitaire entière de la région a débarqué pour une réunion… !!? J’en connais quelques uns parce qu’ils sont de fidèles clients, mais ce que j’ai remarqué surtout, c’est que d’une part ils étaient tous sur leur 31, qu’ils ne sont pas allés serrer la pince à Mr le Gouverneur, ça ne se fait pas, qu’avant de prendre la parole, ils attendaient qu’on la leur donne, et surtout… surtout… ils lui disaient sans cesse « Votre Excellence » !!! J’savais bien qu’il y avait un truc !!! Moi à côté, toujours en train bosser sur les ordis de Mr le Gouverneur, trop morte de rire d’avoir pris le Gouverneur pour mon pote ! Il a du vraiment me prendre pour une malpropre !
Je vous rassure, la fois d’après, j’ai mis des habits propres, et j’ai dit en faisant une belle courbette (à la Djamel Debouze), « Bonjour votre Excellence… » … ☺
Fête de la liberté et de la démocratie
Comme tous les ans, le 1er décembre est la fête officielle de la liberté et de la démocratie, fête de Deby pour les intimes… La journée a commencé avec le traditionnel défilé sur la place de
l’indépendance ! Comme à chaque cérémonie officielle, en tant qu’ « acteur social de la vie de la ville », j’étais invitée à assister au défilé depuis la tribune, et cette année, j’étais invitée
au banquet de Monsieur le Gouverneur l’après-midi.
En l’absence de Jean, le technicien de la radio, j’étais de nouveau DJ Alice Frigent sur le 98.0 FM, et je suis arrivée un peu en retard. J’ai grimpé l’escalier à l’arrière de la tribune, j’en ai
profité pour faire quelques photos, mais voilà qu’un affreux policier qui montait la garde de la tribune m’a menacé avec sa chicotte ! J’ai essayé de lui dire que j’étais une illustre invitée,
mais décidemment il était menaçant, et finalement j’étais plus libre comme cela ! J’ai donc fait un rapide petit tour de la place, pris des photos de sourires d’enfants (ces jours là, c’est plus
facile !) et je suis rentrée à la maison faire des choses plus intéressantes !
Dans l’après-midi, la garden-party devait commencer à 15H30 dans le jardin de la résidence du Gouverneur avec tous les grands de la région : Délégués régionaux, Com’ Légion, Chefs de Cantons, Chefs de Quartiers, Maire, Responsables des ONG locales, etc… J’ai été invité à m’assoir sur une chaise par l’équipe de protocole (ça me fait toujours halluciner ces simagrées d’organisation !). A 16H, le chef du protocole s’est fâché parce qu’il y avait plus d’invités que de chaises… Il a fait un grand discours disant que Dieu avait donné des titres aux uns, pas aux autres en fonction des capacités (elle est bien bonne celle là !!!!) et qu’il fallait respecter cela… Il a donc solennellement demandé aux petits grouillots qui avaient piqué les chaises des Grands de se lever… Evidemment, personne ne s’est levé… Il en a désigné 4 qu’il avait repérés, mais personne d’autre n’a bougé, et pourtant il manquait encore bien des chaises !! Comme j’étais toujours DJ Alice Frigent à 17H30 et que la blague commençait à tirer en longueur, j’ai proposé de céder ma place, mais non, non, non Madame la Coordinatrice, et ils ont préféré attendre 17H15, l’heure où il fallait vraiment que j’y aille ! Du coup, je n’ai même pas vu le Gouverneur, pas de discours, et surtout, j’ai manqué le cocktail dinatoire de chèvres entières posées sur les tables ! (Bon, elles étaient cuites quand même hein !? ) Quelle ma(sca)rrade…
Il parait que tous ces grands chefs et gens respectables se sont jetés sur le banquet comme des goinfres et que tout a été fini en moins d’une heure ! Ca valait le coup !
Tabaski - Come back dans les bacs
Fin novembre, j’ai reçu les résultats d’une analyse que j’avais faite en France juste avant de repartir pour le Tchad…
On m’y annonçait qu’on avait décelé une petite anomalie, et on me demandait de faire un test complémentaire. En appelant mon médecin, je n’ai pas bien compris ce qu’il se passait « Si vous revenez en Janvier ou Février, venez me voir, c’est bon ! ». Comme je n'avais aucune intention de rentrer en Janvier, j’ai décidé d’aller montrer mes analyses à N’Djamena.
J’ai donc profité une fois de plus de la voiture de la soeur Lucille pour aller en rendez-vous dans le meilleur hôpital de la ville ! Nous avions prévu de faire tout ce qu’il fallait le 8 décembre et retourner à Laï le 9, mais, les musulmans ont annoncé dimanche soir à notre arrivée à N’Djamena, que la Fête de Tabaski, la commémoration d’Abraham prêt à sacrifier son fils pour Dieu, aurait lieu le lendemain ! Comme tous les commerces sont tenus par des musulmans, N’Djamena était donc fermée, verrouillée, pas de course, pas de consultation à l’hôpital, la fête, rien que la fête !
J’en ai profité pour me faire inviter avec les autres volontaires chez leur ami Seid que j’avais rencontré une fois pour partager le mouton ! J’aime ce type d’invitation parce que ça permet de voir en vrai comment vivent les gens de la capitale… et j’avoue j’hallucine à chaque fois ! Les murs tous montés en terre incrustée de sacs plastics, mais l’intérieur de la pièce a des murs peints, de l’électricité qui fait tourner une télé et un ordi pour écouter la musique !
C’est aussi l’occasion de vous présenter en image la N’Djam team que j’aime beaucoup !
En haut, les filles, Angélique alias Moquette, Justine alias Juju, Marie-Cécile alias M.Ci.Pi
Au centre, Maximilien, alias Max habillé en musul pour
l’occas
En bas, Seid, notre hôte, et
Fred
Après cette journée de chômage technique, je me suis rendue à l'Hopital par les transports en commun de N’Djamena pour la première fois ! J’ai bien aimé les bus : pour 100 FCFA (0,15€), tu montes dans un petit camion qui roule portes ouvertes pour optimiser le ramassage des gens et tu dis STOOOP quand tu veux qu’il s’arrête, pratique !! Bon faut juste s’assurer que le bus ne changera pas d’itinéraire en route et que tu te retrouves perdu !
Arrivée à l'hopital, super hôpital ou pas, j’ai du attendre 3 heures avant de pouvoir montrer mes résultats à la doctoresse (heureusement que Juju et MCPi qui y travaillent sont passées me distraire un peu) et me faire expliquer qu’il s’agissait d’un protocole de prévention du cancer, et que cet examen n’était pas faisable au Tchad…. !!?? Celle-là alors, je ne m’y attendais pas !!!
La brave italienne qui m’a expliqué tout cela a bien précisé que ce n’était qu’une mesure de prévention, mais je dois bien avouer que le mot cancer résonne en tête et … ça fait peur !!! En plus, comme j’apprécie beaucoup l’humour de Desproges, j’avais en tête sa petite phrase sympathique « Noël au Cancer, Pâques au cimetière ! » ! Nan, nan, très, très sympa !
J’ai donc appelé la DCC, puis l’assistance rapatriement pour expliquer mon problème. En quelques heures, ils ont géré mon dossier, et voulaient me faire partir dès le lendemain. Sauf que moi j’étais montée à N’Djamena avec mes petites tongues et mes petits habits d’été, juste pour me rassurer ! J’avais pas du tout imaginé qu’il y aurait un quelconque problème !!! Comme il n’y avait pas d’urgence particulière, je n’étais pas à l’article de la mort non plus, j’ai demandé à prendre un vol quelques jours plus tard, le temps de mettre les choses au propre et de mettre mes pulls et mes baskettes dans mon sac !
De retour à Laï, j’ai du expliqué à tout le monde que je devais repartir sans dire ce que j’avais, pas simple de lutter contre la curiosité tchadienno-radio-moquette ! J’ai donc eu 3 jours complètement plein à Laï pour finir en stress toutes les choses qu’on me demandait de faire avant mon départ ! L’avantage c’est que ça permet de moins penser…
Je suis donc arrivée à Paris, le jour de la Sainte-Alice, à 5H30 du matin à Roissy, une fois de plus complètement décalquée… Brrrrr… Qu’il fait froid dans ce pays !!! J’avais pris mon rendez-vous pour l’après-midi même, pas de perte de temps ! Pendant l’examen, le médecin m’a rassuré, en disant qu’à priori il y aurait une petite intervention à faire, mais que cela n’avait pas l’air trop méchant.
Je n’ai pas fait grand-chose à Paris ces jours là,pas de folie de retrouvaille de tout le monde comme lors de mes vacances … Après 3 jours d’attente le résultat est tombé, RIEN !!! Pas de cancer, pas d’opération, juste une petite blague pas très drôle au début mais qui se transforme en cadeau de Noël puisque je l’ai fêté en famille!!! :o)
J’avoue, j’étais assez peu dans l’ambiance, puisque qu’en arrivant, j’ai eu comme l’impression d’être projeté dans un monde de Pères Noël et de guirlandes alors que je n’y étais pas préparée, mais l’ambiance familiale, elle, était bien elle-même, un petit Noël à 19, une valeur sûre !
S’il a été très facile de revenir en France en moins d’une semaine, repartir au Tchad n’est pas simple !!!! Pendant les fêtes ici, tout le monde est en vacances ! Mon gentil Docteur s’est barré en vacances jusqu’au 5 janvier, sa secrétaire qui me disait « Rappelez moi le 24 », disparue elle aussi, le labo qui possédait les résultats ne voulait pas me les transmettre directement, et le service rapatriement qui exigeait les résultats et une attestation en bonne et due forme avant de me redonner un billet retour…
J’avoue, je commençais à être un peu en panique parce que d’une part, là-bas, j’ai des choses à faire (si, si ! ce n’est pas que comme le club Med !), et surtout que mes parents avaient des billets pour arriver le 6 janvier à N’Djamena ! En tous cas, après quelques ruses de sioux, j'ai réussi à avoir le billet retour, et tout va bien ! Je reprends l’avion le 5 ! Du coup j’attendrai les parents le 6 et on redescendra ensemble à la découverte de Laï et de ma vie là-bas… ouh ouh ouh !!!
Je repars donc pour de bon cette fois, pour… seulement 8 mois - comme ça passe trop vite… !!
Je vous retrouve donc bientôt pour la Newsletter « Ta mère et ton père en short en Afrique », mais vous présente avant tout, mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année
!

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